Vendredi 10 avril 2009
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ARTICLE DU PROGRÈS DE Laurence
BUFFLIER
du 7 Mars 2009
Marché de la Création : l'artiste non grata fait de la résistance
le 07.03.2009
1/2 - Alfred Simonnet (à gauche) et son collaborateur, Thierry Aguirre, ont récolté plus de 150 signatures de soutien
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Installé chaque dimanche depuis dix-huit mois sur le marché de la Création dans le Vieux-Lyon, l'artiste peintre Alfred Simonnet n'a pas été reconduit par le jury. Une décision qu'il conteste,
épaulé par les nombreux amateurs de ses toiles
« Trop systématique, trop décoratif. » Alfred Simonnet, artiste peintre, ne comprend pas la critique de la commission du marché de la Création qui tente de lui barrer les portes de ce rendez-vous
dominical des artistes de la région où il expose depuis dix-huit mois. Les habitués du marché qui ont été près de 150 à signer sa pétition non plus.
Et pour cause, le travail d'Alfred Simonnet plaît, tout simplement.
Comme le lion métallique qu'il avait réalisé l'an dernier pour la Biennale des lions et qui était installé, le temps de l'exposition, au parc de la Tête d'Or, porte du Lycée. Et ses toiles se
vendent bien. D'où l'incompréhension générale face à la volonté de la commission de l'évincer. « J'avais déjà essuyé un refus en octobre 2007. » A l'époque, le peintre tente d'intégrer le marché
de la Création mais son dossier n'est pas retenu au motif déjà que son travail est « trop systématique et trop décoratif pour correspondre à l'esprit du marché ». Alfred Simonnet écrit alors à
Pierre-Alain Muet, adjoint au maire de Lyon dont la délégation à l'Economie chapeaute le marché, qui lui a acheté, trois jours plus tôt, une toile dans un café du 1er où l'artiste expose. L'élu,
qui parle d'ailleurs de « toiles superbes aux couleurs éclatantes qui semblent sculpter dans le métal » en évoquant le travail de l'artiste sur son blog, ne comprend pas la décision et lui
obtient une autorisation de séjour d'un an sur la promenade du quai Romain-Rolland.
L'an dernier, rebelote. En décembre, la commission réétudie le dossier et émet le même commentaire - « trop systématique, trop décoratif ». Alfred Simonnet dénonce ce nouveau refus auprès de la
Deca (Direction de l'économie, du commerce et de l'artisanat) qui lui offre un nouveau délai de trois mois, le temps d'examiner la situation. Cette nouvelle autorisation expire le 21 mars. D'où
l'angoisse du peintre qui égrène les dimanches qui le séparent de la fin, lui qui a décidé de renoncer aux aides sociales pour vivre de ses toiles qui se vendent bien au marché de la
Création.
En mairie, on parle désormais de l'affaire Simonnet : pas question de le laisser tomber, mais pas question non plus de remettre en cause la légitimité de la commission même si cette affaire n'est
pas la première à arriver aux oreilles de l'adjointe à l'Economie Marie-Odile Fondeur qui planche actuellement, avec son équipe, à la remise à plat du fonctionnement du marché de la Création
(lire ci-dessous). En attendant ce nouveau départ, « nous allons trouver une solution provisoire pour M. Simonnet », rassure l'édile. Une nouvelle qui devrait soulager Alfred Simonnet qui, rongé
par l'angoisse, peine à créer.
Laurence Bufflier
L'affaire embarrasse la Ville même s'il n'est pas question de remettre en cause les choix artistiques de la commission du marché de la Création.
Mais force est de constater que le marché existe depuis trente ans et que la commission siège depuis une dizaine d'années. « Il faut insuffler une nouvelle dynamique », convient Marie-Odile
Fondeur, adjointe à l'Economie. « Plusieurs problèmes, notamment d'artistes contestant les décisions de la commission, ont été recensés. M. Simonnet n'est que la partie émergée de l'iceberg »,
poursuit l'édile qui avait fait de la refonte du marché de la Création l'une des priorités de sa délégation au Commerce et à l'Artisanat en début de mandat.
« Nous avons commencé par demander l'intégration de nouveaux membres - les adjoints à la Culture du 5e et de la ville de Lyon, qui étonnamment n'y siègent pas- au sein de la commission qui en
compte 12, tous issus du milieu artistique », pour renouveler cette instance inchangée depuis sa création.
« Nous travaillons actuellement à une nouvelle organisation du marché - on ne peut pas traiter les dossiers au coup par coup - et au recadrage de sa vocation : la promotion des artistes. » Encore
quelques mois de travail pour l'adjointe et son équipe qui doivent rencontrer les actuels membres de la commission la semaine prochaine.
L.B.
RÉPONSE
"Chère Madame Bufflier,
Suite à votre article du 9 Mars 2009-03-12
Cette lettre, pour vous transmettre, au nom de bon nombre d’artistes du marché, notre indignation quant au prétendu « foin « que fait l’évincement d’un artiste par la commission
du Marché de la Création de Lyon.
Nous vous invitons à faire des interviews sur le marché pour vérifier l’émoi relatif que provoque cet incident…d’un bout à l’autre du marché!!
C’est le propre même d’une commission de faire des choix et en temps qu’artistes nous sommes constamment exposés à ce type de sélection. Ceux, qui sont sélectionnés, sont satisfaits, les autres
évidemment non.
C’est pareil pour quelqu’un qui passe un examen…si on y tient, on le repasse, en essayant de progresser !! On ne demande pas pour autant de changer la nature des épreuves ou de
constituer un jury qui serait acquis à notre cause quelque soit notre prestation !
Ce qui est préoccupant, par contre, dans toute instance démocratique, c’est quand une personne brigue un régime particulier, pour se mettre au dessus des lois, sous prétexte, d’après votre
article qu’un adjoint au maire ait acheté une de ses créations !!
Ce que vous appelez une affaire qui embarrasse la ville est pour nous une non-affaire, très banale.
Simplement, cette personne fait jouer des appuis, par dépit, et parce que des personnes se prêtent à sa demande, ce qui est le plus inquiétant, et ce que la plupart
des évincés ne font pas, respectant les règles du jeu. !
Halte au népotisme ! Sommes nous dans une république bananière où les règles établies sont faites sur mesure pour ses protégés ?
Quant au succès annoncé de son art, si c’est à tel point le cas, nous en sommes ravis pour lui.
A ce titre, est-il unique ?
Mais nous savons aussi que la plupart des artistes » arrivés », ou qui se considèrent tels, partent en galerie et n’ont plus besoin d’affronter la froidure du Marché de la
Création.
Alors, cet article s’inscrit-il dans une démarche publicitaire ?
Depuis cette mayonnaise montée, les bruits les plus fous courent :
On nous demande même notre âge, on voudrait, paraît-il, évincer les vieux… serait-ce le nouveau critère de sélection du conseil municipal qui place ses jeunes protégés ?
Ce serait conforme à une tendance tenace de la société française de considérer qu’après 45 ans, toute personne est bonne à mettre à la casse…mais si c’était le cas, la commission ne
travaillerait en tout cas pas sur des bases purement artistiques...je préfère donc ne pas y croire.
(Voir l’œuvre des grands peintres après cet âge canonique !!)
Nous sommes, en tout cas, conscients que, sur le Marché de la création, il y a actuellement un subtil équilibre, une grande diversité d’artistes tant en style, qu’en origine,
qu’en âge dans une belle entente. Nous y voyons arriver très souvent, de nouveaux artistes car le turn-over est permanent. Il y a aussi une bonne part de «
sélection naturelle », liée aux aléas de la vente, qui plus est, en extérieur.
Y cohabitent les fidèles qui affrontent vent, pluie et froidure en toutes saisons et maintiennent une certaine pérennité et les intermittents. C’est aujourd’hui cela, notre Marché de
la Création…et nous serions déçus qu’un mauvais coucheur vienne y semer doute et zizanie…"
Clyv.
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