Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /Avr /2009 14:46
 
"Si on me demandait mon avis sur « l’affaire du Marché de la création », d’abord je dirais avec mes mots ce que j’en ai compris, histoire de vérifier que nous parlons bien des mêmes choses :
            Alfred Simonnet, refusé par la commission du Marché, va pleurer dans le giron de l’homme politique qu’il connaît :
- Tonton, Tonton, y a des grands qui sont méchants avec moi, ils veulent pas que je vende mes billes sur le Marché, ils disent que mes billes, elles sont pas assez belles.
- Quoi ? Ces belles billes dont je t’ai acheté quelques unes ? Qu’est-ce qu’y se croient, ceux-là, pour dire qu’elles sont vilaines, tes billes ? T’en fais pas, Momo, Tonton s’en occupe.
Et l’homme politique dicte à sa secrétaire une autorisation pour Momo de vendre ses billes sur le Marché. La commission de sélection du Marché se rebiffe, le ton monte et l’affaire prend des proportions qui amènent à réflexion.
 
C’est à peu près ça ?


 

Alors je peux dire que pour moi, M. Muet s’est mêlé de ce qui ne le regardait pas et il a utilisé sa position de pouvoir de façon dictatoriale. Ceci n’est pas tolérable sur le plan éthique. Qu’il se place à droite ou à gauche, cela ne fait rien à l’affaire. Quoique, en tout cas pour moi, un acte dictatorial pour un homme de gauche est encore plus répréhensible. Quant à justifier la qualité artistique de M. Simonnet par le fait que lui-même lui a acheté des peintures, j’aime mieux en rire !
En ce qui concerne M. Simonnet, celui-ci a agi comme un sale gamin qui, se sentant faible par rapport aux « grands » qui le refusent dans leur cercle, au lieu de les affronter, va trouver un chef de bande qui peut « flinguer ».
Sa production ? Ne la connaissant pas, je suis allé visiter son site. Il y a mieux et il y a pire. Mais sa façon de mettre autant en avant son amitié pour Pierre Jacquemond, alors que celui-ci est mort, est étrange. De toute façon, l’amitié n’a rien à voir avec le talent et ce que produit M. Simonnet présente de curieuses réminiscences de signes qui existaient dans l’œuvre de Jacquemond. Pour ce dernier, ces signes, ces matières avaient un sens, étaient intériorisés. Etaient originaux dans le sens qu’ils avaient été créés par lui, même s’il reconnaissait lui-même avoir été inspiré par des signes celtiques, entre autres. On ne crée pas de rien, les artistes le savent. Ils régurgitent ce qu’ils ont assimilé.
Mais M. Simonnet a osé copier « la lettre » : la forme (sans atteindre sa qualité !) de certaines œuvres de Jacquemond. Après la mort de ce dernier : il le dit lui-même. Il s’en inspire beaucoup : de la lettre. Il a mis au point une technique qui ressemble à du Jacquemond, point. Ça, c’est du savoir faire, de l’artisanat. Quant à sa revendication, sa justification de droit par son amitié avec l’artiste, elle laisse à désirer au niveau éthique, une fois encore : il se permet d’utiliser Pierre Jacquemond alors que celui-ci ne peut répondre. « Je souhaite toucher un large public », écrit-il, « partager un peu de Moi, un peu de Pierre, guidé par son esprit, puisque son corps n’est plus ». Ce Simonnet-là a un ego suffisamment développé pour octroyer une majuscule à son moi. Et s’il se prend pour un héritier spirituel de Pierre Jacquemond, alors la poupée Barbie est peut-être une réincarnation de la Joconde. Allez savoir !
Quant à l’abus de pouvoir auquel nous venons d’assister, j’ai seulement envie de me rappeler : « Quand même qu’il est sur son trône, le Roi n’en est pas moins assis sur ses fesses, tout comme le Canut sur sa banquette. »
Cette « affaire du Marché de la Création » me semble disproportionnée par rapport à celui qui est à son origine. C’est faire beaucoup d’honneur à M. Simonnet que de parler autant de lui. Et il faudrait que les hommes et les femmes politiques s’interrogent sur le bien-fondé de certaines de leurs interventions.

Michel Moulin - 15 avril 2009


Par AmC - Publié dans : réactions - Communauté : Le champ du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 10:41
RÉACTION DE Mr SIGNORINO
 
"Chers Membres de la Commission,

J'ai eu entre mes mains votre communiqué. Je suis aujourd'hui avec énormément d'intérêt les évènements de l'affaire Simonnet, qui, à ce jour, active et anime sur le marché toutes les rumeurs. Collectionneur, ayant acheté plus de 20 000€ de tableaux en 10 ans sur ce marché, soutenant à travers mon action d'agent quelques artistes, il m'est arrivé de ne pas comprendre certaines de vos décisions. Alors pour rester impartial, je me suis procuré sur le site de la Ville de Lyon le règlement du Marché de la Création. A la lecture de ce règlement, le Marché de la Création est régi par les services économiques comme tous les marchés de fruits et légumes et de vêtements de l'agglomération lyonnaise, à la grande différence que ce marché, pour l'attribution des places a recours à votre commission de sélection. Celle-ci, telle que le précise le règlement, émet un avis favorable ou défavorable pour la sélection des artistes et ce sont bien les responsables du service économique et du service culturel qui attribuent les authorisations d'exposition.

Deux marchés s'opposent, un marché professionnel, où les artistes exposants doivent renouveler chaque année leurs demande d'authorisation, voire se représenter devant la commission, et un marché amateur qui renouvelle tous les 6 mois la demande d'authorisation ayant pour objectif de les faire évoluer vers le monde professionnel. Aujourd'hui tout amateur d'art qui visite ce marché est incapable de faire la distinction entre le monde professionnel et le monde amateur. Et il semblerait que la règle de demande d'authorisation  qui aurait permis le renouvellement et l'arrivée de nouveaux artistes soit tombée en désuétude.

Depuis 10 ans je peux vous assurer que ce marché évolue peu et que ce sont fait lentement par copinage, cooptage des passe-droit au niveau même des artistes qui découragent de nouveaux créateurs de pouvoir s'installer. Dans le règlement il est prévu aussi que les places non occupées à 8h30 soit attribuées par le placier à une liste d'artistes (où est cette liste?) ou à des nouveaux artistes en attendant leur paassage à la commission. L'affaire Simonnet est l'objet de toutes les rumeurs et j'ai le sentiment profond que certains pilliers de ce marché pour échaper au règlement vous manipulent, pour éviter l'application qui leur remettraient en cause leur place sur ce marché.

Au sujet de votre commission toutes les rumeurs courent sur votre assiduité, votre représentativité et votre compétence. Votre commission devrait être représentée par 12 membres, elle apparaît comme hermétique, secrète et il sembleraient que de 12 vous ne soyez que 5 à participer. Vous comprendrez que les artistes refusés manifestent beaucoup de regret et d'amertume. Je tiens à vous signaler que certains artistes peuvent occuper jusqu'à 3 places et que le marché est pouvent occupé à 70% de sa capacité.

Ne seraient-ils pas tous ces manquements, toutes ces dérives qui vous auraint mis en opposition et le fait qu'aujourd'hui vous manifestez, de manière légitime d'ailleurs, ne réponde qu'aux intérêts des "intouchables" de ce marché? En tant que collectionneur, ami d'artistes, moi aussi je n'ai pas toujours compris vos décisions au sujet de certains artistes dont je fais la promotion aujourd'hui, mais j'ai toujours respecté votre avis. Alors en tant que collectionneur, agent d'art, organisateur d'exposition, je fais un voeu, j'émmet un souhait de vous rencontrer, si cela est possible, pour éclairer, discuter de cette situation dont vous êtes les malheureuses victimes.

Si je peux me premettre un avis, ce marché souffre d'un manque de communication, au niveau régional, national voire international, de reconnaissance comme évènement de la culture et ne vaudrait-il pas mieux, dans sa refondation, imaginer et concevoir une communication, une action culturelle plus aboutie? Ce marché d'une qualité exceptionnele pourrait devenir un lieu incontournable de la création lyonnaise ouvert au plus grand des publics. Je vous comprends dans votre démarche mais je comprends aussi la volonté d'exister des artises refusés, M. Simonnet n'étant qu'un parmi tant d'autres, et je fais un rêve que ce marché redevienne un lieu où s'exprime la création, le talent et l'émotion.



En attendant votre réponse et en souhaitant vous rencontrer, recevez toutes mes amitiés,

Leonardi Signorino"


RÉPONSE :

Cher Monsieur,
 
 
         Nous vous remercions de l'intérêt que vous portez aux artistes du  Marché, ainsi que de votre contribution à notre réflexion.
         Vous avez émis le désir de nous rencontrer, cela nous semble bien difficile en ce moment surtout, est-ce d'ailleurs souhaitable ? En revanche nous allons essayer de répondre le plus précisément possible aux différentes questions que vous avez évoqué dans votre courriel.
 
         1) En ce qui concerne le fait qu'il vous "... est arrivé de ne pas comprendre certaines de [n]os décisions..." (votre phrase semble sous entendre que cela n'a pas été fréquent ?) cela est pour nous dans l'ordre des choses : en ces matières, les règles professionnelles, même les plus affinées, ne peuvent avoir la rigueur absolue des lois mathématiques. C'est en toute connaissance de cause que nous nous appliquons à ce que nos conclusions, toujours collégiales, restent aussi objectives et dépassionnées qu'il est possible, tout en respectant, bien sûr, le règlement du Marché.
       
         2) Vous semblez opposer quelque peu les professionnels et les amateurs, regrettant que "... tout amateur d'art qui visite ce marché est incapable de faire la distinction entre le monde professionnel et le monde amateur...".
         Il nous semble qu'il est de notre devoir de les mélanger : les amateurs ayant beaucoup à apprendre au contact des professionnels ; d'autre part, est-il si important que le public ait connaissance des différents statuts des artistes ?
         À ce propos, nous vous signalons que la loi a assez récemment changé, et que toute personne (artiste), qui met ses oeuvres en vente pour la première fois est réputé "amateur" tant qu'il n'a rien vendu, et qu'il doit se déclarer aux services fiscaux et à la sécurité sociale Maison des Artistes au premier euro vendu, acquérant ainsi un début de statut professionnel civil (qui n'a rien à voir avec l'aspect artistique).
 
         3) Pour ce qui est de notre "...assiduité, [n]otre représentativité et [n]otre compétence...", la commission n'est pas une entité autonome : sa composition (donc diversité des compétences) dépend du règlement, le choix des membres (donc représentativité) dépend en dernier ressort des services municipaux, et pour ce qui est de l'assiduité, n'en est-il pas de même !
 
         4) En ce qui concerne une éventuelle manipulation par "...certains pilliers...", ce sont les membres même de la Commission qui demandaient depuis plus de deux ans que le règlement soit affiné, sur cette question justement, et sur un certain nombre d'autres. Nous ne comprenons pas ce à quoi vous faites allusion lorsque vous parlez de : "... copinage, cooptage des passe-droit au niveau même des artistes qui découragent de nouveaux créateurs de pouvoir s'installer...", surtout si nous mettons ceci en balance avec les nombreux soutiens que nous recevons.
 
         5) Il se trouve que "l'affaire Simonnet", comme vous l'appelez, qui devrait plutôt s'appeler  "l'affaire Muet" (!) repose initialement et uniquement sur le fait que M. Simonnet, qui connaissait les règles du jeu de la commission a tenté ("...par dépit...." (?) comme l'exprime une lettre de soutien reçue le 10) de ne pas s'y soumettre en faisant jouer une de ses relations en place, en l'occurence M. Muet qui, pour des raisons strictement personnelles (ni argumentées sur un éventuel abus de pouvoir de la commission, et encore moins sur des critères d'ordre professionnel), lui a donné satisfaction...
       
         6) Le point le plus important qui nous préoccupe maintenant, est que la refonte du règlement que nous demandions (cf. § 4) soit faite dans les meilleures conditions pour tous les artistes, pour le public, et pour la Ville de Lyon.
         Nous avons noté que c'était devenu subitement une urgence absolue pour le service des Marchés (que devons-nous en penser !).
         Nous avons noté que le service des Marchés avait suspendu unilatéralement les délibérations de la Commission pour les nouveaux dossiers jusqu'en septembre, date prévue pour la mise en place du nouveau règlement (ce sont 100 à 150 artistes qui vont attendre de 3 à 6 mois pour savoir s'ils seront acceptés !).
         Nous osons espérer que les changements que le nouveau règlement ne manquera pas d'apporter conserveront au Marché sa mixité entre amateurs et professionnels, la diversité de ses courants esthétiques, le respect des valeurs professionnelles et de création, et ne permettra plus que puisse interférer avec sa bonne marche la moindre ingérence extérieure.
         Nous ferons en tous cas tout notre possible pour qu'il en soit ainsi...
 
         Nous restons à votre disposition pour vous donner d'autres précisions si vous le souhaitiez.
 
         Bien à vous.
 
 
Les membres bénévoles de la Commission

 
 
Par AmC - Communauté : Le champ du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 12:11





PEOPLE NEWS - LES RUMEURS
08-04-2009
 
Bisbilles au Marché de la Création Version imprimable Suggérer par mail
 


march-creation
Par Hibernatus

 

Depuis 30 années qu'il existe, le Marché de la Création est devenu une véritable institution lyonnaise. Si dans les premières années on trouvait un peu de tout dans ce qui était un véritable souk où chaque individu revendiquant le statut d'artiste, réussissait à se faufiler dans ce maelström pour présenter ses « chefs d'œuvre », à de rares exceptions près, tout était à jeter plutôt qu'acheté.

 

Mais bon ! Les bobos de l'époque faisaient leurs emplettes à deux sous en rêvant qu'un jour peut-être, leurs trouvailles vaudraient des milliards. En fait, ça ne coûtait pas cher mais ça ne valait rien. Avec le temps, une commission composée d'une petite dizaine d'artistes bénévoles s'est réunie mensuellement pour examiner la candidature de la quarantaine de postulants (presque 400 par an) qui rêvaient de venir se geler les couennes devant des régiments de badauds esbaudis. La commission fait beaucoup de malheureux puisqu'elle n'accepte que 3 ou 4 candidatures par mois. Grâce à cela pourtant, la qualité de travail présenté au Marché de la Création progressa d'année en année. On trouve bien encore quelques nanars mais on peut aussi découvrir de réels talents qu'il convient d'encourager. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il y avait bien de temps en temps un « artiste » écarté par la commission, pour se plaindre du manque de perspicacité de celle-ci. Mais bon ! Ça n'allait jamais très loin.

 

Les malheurs d'Alfred

 

Jusqu'au jour d'octobre 2007 où un certain Alfred S., artiste peintre autodidacte spécialisé dans l'abstracto mystique, se vit recalé par le jury d'artistes. Aïe, aïe, aïe ! Mais pour qui se prennent-ils ? Quelle est donc leur légitimité pour priver le marché de la création du génie injustement méconnu d'Alfred ? « Trop systématique et trop décoratif » avait rétorqué la commission. Ce qui est vrai et même plutôt gentil car, je ne vois pas qui pourrait mettre ça sur un mur pour décorer son appartement. A part un apparatchik du Parti socialiste au goût douteux. Je dis ça car notre artiste s'en alla pleurnicher auprès de Pierre-Alain Muet, grand amateur de ses toiles. « Des toiles superbes aux couleurs éclatantes qui semblent sculpter dans le métal » dixit PAM qui, permettez-moi de le dire, ne connaît sans doute pas grand chose à la peinture tant la production d'Alfred S. a des airs de déjà vu. Et même de déjà bien vu. Notre Muet du sérail qui n'est pas un imbécile puisqu'il a été élu, fit ni une ni deux et accorda un passe-droit à son protégé, au grand dam de la commission évidemment vexée d'être désavouée.

C'est aujourd'hui Marie-Odile Fondeur, adjointe à l'Economie, qui a repris le dossier et continue d'accorder des autorisations provisoires à celui qui est en train de passer du statut d'artiste maudit à celui d'artiste officiel de la Ville de Lyon. Belle promotion ! 

On l'aura compris, la question n'est pas de savoir si Alfred S. mérite mieux ou moins que d'autres d'exposer au marché de la création (entre nous, il y a pire que lui sur le quai de Bondy ) mais de s'interroger sur le bien fondé du coup de piston accordé bien légèrement par la municipalité à notre artiste apparemment bien en cour.

MOF, en bisbille avec la commission qui refuse toujours les oukases de la mairie centrale, rêve de la réformer en réduisant le nombre d'artistes qui la composent et en désignant des fonctionnaires et d'élus de la Ville de Lyon à sa botte.

On sait ce qu'il faut penser des goûts artistiques d'édiles plus ou moins incultes.

Que l'on se rappelle le cours Verdun avec Pradel ou la place des Terreaux avec Chabert. Quand l'Art, même minuscule comme c'est le cas du Marché de la Création, copine avec la politique, ça ne fait jamais bon ménage.

Cette réforme insensée qui déplait souverainement aux exposants actuels pourrait même faire d'autres dégâts collatéraux. Chaque élu sollicité sera tenté de faire plaisir à ses électeurs ou voudra imposer ses propres goûts. Et comme on ne pourra pas accepter plus de monde qu'aujourd'hui, ça fera chaque année plus de 300 mécontents des choix validés par la mairie centrale. Soit, avec les familles des insatisfaits plusieurs milliers en fin de mandature. On peut penser que Gérard Collomb notre bon maire, fin stratège, ramènera à la raison ses élus au sens politique bien incertain.

 

 

Par AmC - Publié dans : réactions - Communauté : Le champ du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 12:00

ARTICLE DU PROGRÈS DE Laurence BUFFLIER
du 7 Mars 2009


Marché de la Création : l'artiste non grata fait de la résistance
le 07.03.2009
1/2 - Alfred Simonnet (à gauche) et son collaborateur, Thierry Aguirre, ont récolté plus de 150 signatures de soutien
PreviousStart/stop slideshowNext
    *
    *
Installé chaque dimanche depuis dix-huit mois sur le marché de la Création dans le Vieux-Lyon, l'artiste peintre Alfred Simonnet n'a pas été reconduit par le jury. Une décision qu'il conteste, épaulé par les nombreux amateurs de ses toiles
« Trop systématique, trop décoratif. » Alfred Simonnet, artiste peintre, ne comprend pas la critique de la commission du marché de la Création qui tente de lui barrer les portes de ce rendez-vous dominical des artistes de la région où il expose depuis dix-huit mois. Les habitués du marché qui ont été près de 150 à signer sa pétition non plus.
Et pour cause, le travail d'Alfred Simonnet plaît, tout simplement.
Comme le lion métallique qu'il avait réalisé l'an dernier pour la Biennale des lions et qui était installé, le temps de l'exposition, au parc de la Tête d'Or, porte du Lycée. Et ses toiles se vendent bien. D'où l'incompréhension générale face à la volonté de la commission de l'évincer. « J'avais déjà essuyé un refus en octobre 2007. » A l'époque, le peintre tente d'intégrer le marché de la Création mais son dossier n'est pas retenu au motif déjà que son travail est « trop systématique et trop décoratif pour correspondre à l'esprit du marché ». Alfred Simonnet écrit alors à Pierre-Alain Muet, adjoint au maire de Lyon dont la délégation à l'Economie chapeaute le marché, qui lui a acheté, trois jours plus tôt, une toile dans un café du 1er où l'artiste expose. L'élu, qui parle d'ailleurs de « toiles superbes aux couleurs éclatantes qui semblent sculpter dans le métal » en évoquant le travail de l'artiste sur son blog, ne comprend pas la décision et lui obtient une autorisation de séjour d'un an sur la promenade du quai Romain-Rolland.
L'an dernier, rebelote. En décembre, la commission réétudie le dossier et émet le même commentaire - « trop systématique, trop décoratif ». Alfred Simonnet dénonce ce nouveau refus auprès de la Deca (Direction de l'économie, du commerce et de l'artisanat) qui lui offre un nouveau délai de trois mois, le temps d'examiner la situation. Cette nouvelle autorisation expire le 21 mars. D'où l'angoisse du peintre qui égrène les dimanches qui le séparent de la fin, lui qui a décidé de renoncer aux aides sociales pour vivre de ses toiles qui se vendent bien au marché de la Création.
En mairie, on parle désormais de l'affaire Simonnet : pas question de le laisser tomber, mais pas question non plus de remettre en cause la légitimité de la commission même si cette affaire n'est pas la première à arriver aux oreilles de l'adjointe à l'Economie Marie-Odile Fondeur qui planche actuellement, avec son équipe, à la remise à plat du fonctionnement du marché de la Création (lire ci-dessous). En attendant ce nouveau départ, « nous allons trouver une solution provisoire pour M. Simonnet », rassure l'édile. Une nouvelle qui devrait soulager Alfred Simonnet qui, rongé par l'angoisse, peine à créer.
Laurence Bufflier
L'affaire embarrasse la Ville même s'il n'est pas question de remettre en cause les choix artistiques de la commission du marché de la Création.
Mais force est de constater que le marché existe depuis trente ans et que la commission siège depuis une dizaine d'années. « Il faut insuffler une nouvelle dynamique », convient Marie-Odile Fondeur, adjointe à l'Economie. « Plusieurs problèmes, notamment d'artistes contestant les décisions de la commission, ont été recensés. M. Simonnet n'est que la partie émergée de l'iceberg », poursuit l'édile qui avait fait de la refonte du marché de la Création l'une des priorités de sa délégation au Commerce et à l'Artisanat en début de mandat.
« Nous avons commencé par demander l'intégration de nouveaux membres - les adjoints à la Culture du 5e et de la ville de Lyon, qui étonnamment n'y siègent pas- au sein de la commission qui en compte 12, tous issus du milieu artistique », pour renouveler cette instance inchangée depuis sa création.
« Nous travaillons actuellement à une nouvelle organisation du marché - on ne peut pas traiter les dossiers au coup par coup - et au recadrage de sa vocation : la promotion des artistes. » Encore quelques mois de travail pour l'adjointe et son équipe qui doivent rencontrer les actuels membres de la commission la semaine prochaine.
L.B.


RÉPONSE



"Chère Madame Bufflier,

Suite à votre article du 9 Mars  2009-03-12

Cette lettre,  pour vous transmettre, au nom de bon nombre d’artistes du marché, notre indignation quant au prétendu «  foin «  que fait l’évincement d’un artiste par la commission du Marché de la Création de Lyon.
Nous vous invitons à faire des interviews sur le marché pour vérifier l’émoi relatif que provoque cet incident…d’un bout à l’autre du marché!!

C’est le propre même d’une commission de faire des choix et en temps qu’artistes nous sommes constamment exposés à ce type de sélection. Ceux, qui sont sélectionnés, sont satisfaits, les autres évidemment non.
C’est pareil  pour quelqu’un qui passe un examen…si on y tient, on le repasse,  en essayant de progresser !! On ne demande pas pour autant de changer la nature des épreuves ou de constituer un jury qui serait acquis à notre cause quelque soit notre prestation !

Ce qui est préoccupant, par contre, dans toute instance démocratique, c’est quand une personne brigue un régime particulier, pour se mettre au dessus des lois, sous prétexte, d’après votre article qu’un adjoint au maire ait acheté une de ses créations !!

Ce que vous appelez une affaire qui embarrasse la ville est pour nous une non-affaire, très banale.
 Simplement, cette personne  fait jouer des appuis, par dépit,  et parce que des personnes se prêtent à sa  demande, ce qui est le plus inquiétant, et  ce que la plupart des évincés ne font pas,  respectant les règles du jeu. !
Halte au népotisme ! Sommes nous  dans une république bananière où les règles établies sont faites sur mesure pour ses protégés ?


Quant au succès annoncé de son art, si c’est à tel point le cas,  nous en sommes ravis pour lui.
A ce titre, est-il unique ?
 Mais nous savons aussi que  la plupart des artistes » arrivés », ou qui se considèrent tels,  partent en galerie et n’ont plus besoin d’affronter la froidure du Marché de la Création.
Alors, cet article s’inscrit-il dans une démarche  publicitaire ?

Depuis cette mayonnaise montée, les bruits les plus fous courent :
On nous demande même notre âge, on voudrait, paraît-il, évincer les vieux… serait-ce le nouveau critère de sélection du conseil municipal qui place ses jeunes protégés ?
Ce serait conforme à une  tendance tenace de la société française de considérer qu’après 45 ans, toute personne est bonne à mettre à la casse…mais si c’était le cas, la  commission ne travaillerait  en tout cas pas sur des  bases purement artistiques...je préfère donc ne pas y croire.
(Voir l’œuvre des grands peintres après cet âge canonique !!)

Nous  sommes, en tout cas, conscients que, sur le  Marché de la création, il y a actuellement  un subtil équilibre, une grande diversité d’artistes tant en style, qu’en origine, qu’en âge  dans  une belle entente. Nous y voyons arriver très souvent,  de nouveaux artistes car  le turn-over est  permanent. Il y a aussi  une bonne part de « sélection naturelle », liée aux aléas de la vente,  qui plus est, en extérieur.
Y cohabitent les fidèles qui affrontent vent, pluie et froidure en toutes saisons et maintiennent une certaine pérennité et les intermittents. C’est  aujourd’hui cela, notre  Marché de la Création…et nous serions déçus qu’un mauvais coucheur vienne y semer doute et zizanie…"

Clyv.

Par AmC - Publié dans : les Faits - Communauté : Le champ du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 10:10


          
Serge Kouriakine©
En 1989, La ville de Lyon voulut
 fêter le dixième anniversaire
de son Marché de la Création
par une affiche.

Pour cela il fut proposé
aux exposants de l'imaginer :

Le meilleur projet retenu par
La Commission de sélection et
accepté par l'Adjoint aux
Beaux-Arts de la Ville,
serait imprimé en affiche
grand format, exposée deux
semaines sur les panneaux
de la Ville et
récompensé par un Prix.



 

Par AmC - Communauté : Le champ du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

ASSOCIATION DES AMIS DU MARCHÉ

Si vous désirez réagir à ces articles, vous pouvez laisser un commentaire (voir sous chaque article ") Nous vous répondrons.

Depuis quelques temps  circulent sur le Marché de la Création rumeurs et tracts.
Inquiets nous aussi de son avenir, nous désirons informer le maximum de personnes par l'intermédiaire de ce Blog.
Vous trouverez ici tous les textes que nous avons pu recueillir sur ce sujet.
"Des amis du Marché de la Création"

Présentation

Derniers Commentaires

Images Aléatoires

  • marche.jpg
  • LOUDE.jpg
  • march-.de.la.cr-ation.jpg
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus